Introduction
Paul Amar fait partie de ces figures qui ont façonné le journalisme télévisé français pendant plus de cinquante ans. Si vous tapez ce nom dans un moteur de recherche, c’est probablement parce que vous vous souvenez d’un visage familier du 20 heures, ou parce que vous avez entendu parler récemment de son rôle sur la chaîne i24News. Dans les deux cas, vous êtes au bon endroit.
Cet article retrace le parcours complet de Paul Amar, depuis ses débuts comme correspondant de guerre jusqu’à ses fonctions actuelles de directeur de l’information. Vous y trouverez des informations vérifiées, des dates précises, le contexte de ses émissions les plus marquantes, ainsi que les polémiques qui ont jalonné sa carrière. L’objectif est simple : vous offrir la biographie la plus complète et la plus fiable disponible sur ce journaliste emblématique de la télévision française.
Qui est Paul Amar ? Portrait d’un journaliste emblématique
Né le 11 janvier 1950 à Constantine, en Algérie française, Paul Amar grandit dans une famille modeste. Son père travaille comme agent à la SNCF, sa mère s’appelle Julie Ghenassia. En 1961, dans le contexte troublé de la fin de la guerre d’Algérie, la famille est rapatriée en France et s’installe dans la région lyonnaise. Cette expérience de déracinement précoce marquera durablement sa vision du monde et, selon plusieurs de ses proches, forgera sa curiosité pour les questions internationales.
Le jeune Paul Amar poursuit ses études et intègre le Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, l’une des écoles de journalisme les plus reconnues en France. Il en sort diplômé avec la promotion 1971, une génération qui verra émerger plusieurs grands noms du journalisme hexagonal. Cette formation solide constitue le socle technique sur lequel il bâtira toute sa carrière.
Ce qui distingue Paul Amar de nombreux confrères, c’est son parcours de terrain avant d’accéder aux plateaux de télévision. Contrairement à certains présentateurs formés uniquement en studio, il a d’abord été reporter de guerre, correspondant à l’étranger, avant de devenir un visage familier des Français. Cette expérience du terrain nourrit une légitimité professionnelle rarement égalée et explique en grande partie l’autorité qu’il dégage encore aujourd’hui à l’antenne.
Les débuts de carrière : de France Inter aux correspondances à l’étranger
La carrière de Paul Amar démarre en 1971 à France Inter, où il intègre le service de politique étrangère en tant que reporter. Cette première expérience radiophonique lui permet d’apprendre les fondamentaux du métier : rigueur de l’information, rapidité d’analyse et sens de la formule, des qualités indispensables à la radio où l’image ne vient pas soutenir le propos.
Deux ans plus tard, en 1973, il devient correspondant à Phnom Penh, capitale du Cambodge, en pleine guerre civile. Cette mission de correspondant de guerre le confronte directement à la violence des conflits armés et à la nécessité de rendre compte de situations complexes avec justesse. C’est une expérience formatrice que peu de journalistes de sa génération auront vécue avec une telle intensité dès le début de leur carrière.
En 1975, Paul Amar est envoyé à Washington comme correspondant, poste qu’il occupe jusqu’en 1977. Cette immersion dans la vie politique américaine, en pleine ère post-Watergate, affine son regard sur les mécanismes du pouvoir et de la communication politique. Cette double expérience de terrain, guerre et diplomatie, constitue un socle rare qui distingue durablement son approche du journalisme politique en France.
L’ascension à la télévision : Antenne 2 et la consécration du 20 heures
En 1979, Paul Amar rejoint Antenne 2, l’ancêtre de France 2, en tant que grand reporter. Son sens de l’analyse politique et sa rigueur journalistique lui valent rapidement des responsabilités accrues. Dès 1980, il présente le journal de nuit, une étape charnière qui marque son passage du terrain vers l’antenne.
En 1983, il devient chef du service politique d’Antenne 2, poste qu’il occupe jusqu’en 1989. Cette période lui permet de superviser la couverture des grands événements politiques français, des campagnes électorales aux crises gouvernementales. Il développe alors une expertise reconnue en matière d’actualité institutionnelle, qui deviendra sa marque de fabrique.
L’année 1990 marque un tournant décisif : Paul Amar est nommé présentateur du 19/20 sur FR3, en solo d’abord, puis en duo avec Élise Lucet à partir de mars 1990. Deux ans plus tard, en septembre 1992, il accède au sommet de la profession en devenant présentateur du journal de 20 heures de France 2, en alternance avec Bruno Masure. Cette fonction, considérée comme l’une des plus prestigieuses du paysage audiovisuel français, consacre définitivement Paul Amar comme une figure nationale de l’information.
L’incident des gants de boxe : une polémique qui a marqué l’histoire de la télévision

Le 1er juin 1994, en pleine campagne pour les élections européennes, Paul Amar anime un débat télévisé opposant Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, et Bernard Tapie, tête de liste du Mouvement des radicaux de gauche. Ce débat restera dans les mémoires pour un geste inattendu : en introduction de l’émission, Paul Amar brandit deux paires de gants de boxe qu’il propose symboliquement aux deux contradicteurs.
Ce geste, perçu par beaucoup comme une métaphore audacieuse de l’affrontement politique à venir, déclenche une vive polémique. Certains y voient une prise de risque journalistique originale, d’autres une rupture avec la neutralité attendue d’un présentateur du service public en pleine campagne électorale. La controverse prend une ampleur telle que Jean-Pierre Elkabbach, alors président de France Télévisions, contraint Paul Amar à démissionner de ses fonctions.
Cet épisode illustre une réalité essentielle du métier de journaliste politique : la ligne entre audace éditoriale et débordement professionnel peut être extrêmement fine, surtout lorsqu’elle touche à des sujets aussi sensibles que l’extrême droite en période électorale. Pour beaucoup d’observateurs des médias, cette affaire reste un cas d’école enseigné dans les écoles de journalisme françaises, tant elle interroge les limites de la mise en scène de l’information.
Le rebond professionnel : Paris Première, TF1 et le retour sur France 2
Loin de mettre un terme à sa carrière, cet épisode marque en réalité une nouvelle phase pour Paul Amar. Il rejoint rapidement Paris Première pour animer le journal de 20 heures de la chaîne. Ce passage sur une chaîne plus confidentielle lui permet de se reconstruire professionnellement tout en conservant sa visibilité auprès du public.
En 1995 et 1996, il anime sur TF1 l’émission de débat Le Monde de Léa, une expérience qui confirme sa capacité à évoluer sur différents types de plateaux et de formats. La même période le voit également présenter D’un monde à l’autre sur France 2, un magazine consacré à l’actualité internationale qui lui permet de renouer avec sa passion initiale pour les affaires étrangères.
En 1999, Paul Amar revient sur Paris Première pour lancer Recto-Verso, une émission d’entretien hebdomadaire de 52 minutes consacrée à une personnalité. Ce format, plus intimiste que le journal télévisé classique, lui permet de démontrer un véritable talent d’intervieweur, pugnace mais toujours respectueux de son interlocuteur. Ce travail est récompensé par un 7 d’Or en novembre 2004, l’une des distinctions les plus prestigieuses de la télévision française. Entre 1999 et 2001, il présente également Dimanche Midi Amar sur France 2, confirmant sa polyvalence.
France 5 et la consolidation d’une expertise sur les médias
En 2001, Paul Amar rejoint France 5, une chaîne alors en plein essor et reconnue pour ses programmes culturels et de décryptage de l’actualité. Il y anime successivement On aura tout lu, consacré à l’actualité littéraire, puis Les 109 entre 2003 et 2004. En 2004, il crée une nouvelle émission qu’il baptise D’un monde à l’autre, en écho au programme qu’il animait quelques années plus tôt sur France 2, avant de présenter États Généraux de 2005 à 2007.
L’étape la plus marquante de cette période reste sans doute son arrivée à la tête de Revu et corrigé en septembre 2007. Cette émission d’analyse critique des médias succède à Arrêt sur images de Daniel Schneidermann, un programme qui avait marqué les esprits par son approche décapante du traitement médiatique de l’information. Paul Amar y développe sa propre ligne éditoriale, davantage centrée sur l’actualité générale que sur la seule critique des médias, une nuance qu’il revendiquera publiquement face aux critiques de son prédécesseur.
Ce programme, diffusé jusqu’en 2012, permet à Paul Amar de mettre en pratique une expertise développée tout au long de sa carrière : celle de décrypter la fabrique de l’information, d’interroger les mécanismes de la communication politique et de questionner les responsabilités des journalistes eux-mêmes. Cette capacité à porter un regard réflexif sur sa propre profession renforce considérablement son autorité auprès du public et des professionnels des médias.
Paul Amar aujourd’hui : direction de l’information chez i24News
Depuis mars 2015, Paul Amar occupe le poste de directeur de l’information sur i24News, une chaîne d’information internationale basée en Israël, où il supervise les rédactions française, anglaise et arabe. Ce poste de direction marque une nouvelle étape dans sa carrière, le faisant passer d’une fonction de présentateur à un rôle de management éditorial à l’échelle internationale.
Cette responsabilité multilingue illustre l’ampleur de l’expertise acquise par Paul Amar au fil des décennies. Superviser trois rédactions travaillant dans des langues et pour des publics différents exige une compréhension fine des enjeux géopolitiques régionaux, ainsi qu’une capacité à harmoniser des lignes éditoriales potentiellement divergentes. C’est un défi que peu de journalistes de sa génération auraient pu relever avec autant de légitimité.
Sur le plan personnel, plusieurs observateurs des médias notent une évolution de ses prises de position au fil des années, notamment depuis les événements survenus en octobre 2023 au Proche-Orient. Cette évolution, documentée dans certains portraits journalistiques, illustre comment l’actualité internationale peut infléchir le regard d’un professionnel de l’information sur des sujets aussi sensibles que le traitement médiatique du conflit israélo-palestinien. Il s’agit là d’un point qui mérite d’être mentionné avec prudence, tant il relève de l’analyse d’un parcours personnel plutôt que d’un fait figé.
Style journalistique et postérité de Paul Amar dans le paysage médiatique français
Ce qui caractérise le style de Paul Amar depuis ses débuts, c’est un mélange singulier de pugnacité et de respect envers ses interlocuteurs. Contrairement à certains journalistes qui privilégient la confrontation systématique, il a toujours cherché à obtenir des réponses précises sans pour autant humilier ou déstabiliser gratuitement les personnalités qu’il interviewait. Cet équilibre explique en grande partie la longévité de sa carrière et le respect dont il continue de jouir dans la profession.
Sa trajectoire illustre également une capacité rare à se réinventer. Peu de journalistes français peuvent se targuer d’avoir occupé des postes aussi variés : correspondant de guerre, présentateur du 20 heures, animateur de débats politiques, intervieweur culturel, critique des médias, puis directeur de l’information à l’international. Cette polyvalence témoigne d’une adaptabilité professionnelle qui dépasse largement le simple exercice de présentation télévisée.
Enfin, l’héritage de Paul Amar dépasse sa seule carrière individuelle. Il incarne une génération de journalistes formés au CFJ dans les années 1970, qui a vu le paysage audiovisuel français se transformer profondément : passage de l’ORTF aux chaînes indépendantes, arrivée de la télévision privée avec TF1, multiplication des chaînes thématiques, puis émergence des chaînes d’information continue. Traverser toutes ces mutations en conservant une reconnaissance professionnelle constante constitue en soi un accomplissement rare dans ce secteur en perpétuelle évolution.
FAQ : Questions fréquentes sur Paul Amar
Quel âge a Paul Amar en 2026 ?
Paul Amar est né le 11 janvier 1950 à Constantine, en Algérie. Il a donc 76 ans et fêtera ses 77 ans en janvier 2027.
Pourquoi Paul Amar a-t-il quitté le 20 heures de France 2 ?
Il a été contraint à la démission après avoir présenté des gants de boxe lors d’un débat entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie le 1er juin 1994, un geste jugé inapproprié par la direction de France Télévisions.
Quelles émissions Paul Amar a-t-il présentées ?
Parmi ses programmes les plus connus figurent le journal de 20 heures de France 2, D’un monde à l’autre, Dimanche Midi Amar, Recto-Verso sur Paris Première, ainsi que Revu et corrigé sur France 5.
Que fait Paul Amar actuellement ?
Depuis mars 2015, il occupe le poste de directeur de l’information sur i24News, où il supervise les rédactions française, anglaise et arabe.
Paul Amar a-t-il reçu des récompenses ?
Oui, il a remporté un 7 d’Or en novembre 2004 pour son émission Recto-Verso diffusée sur Paris Première.
Où est né Paul Amar ?
Il est né à Constantine, en Algérie française, avant que sa famille ne soit rapatriée en France en 1961 et s’installe dans la région lyonnaise.
Paul Amar a-t-il été correspondant de guerre ?
Oui, il a été correspondant à Phnom Penh, au Cambodge, entre 1973 et 1974, une expérience marquante en début de carrière.
Quelle formation a suivie Paul Amar ?
Il est diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, promotion 1971, l’une des écoles de journalisme les plus réputées en France.
Conclusion
Le parcours de Paul Amar illustre à quel point une carrière journalistique peut se réinventer face aux crises, aux polémiques et aux mutations d’un secteur en constante évolution. De correspondant de guerre à Phnom Penh à directeur de l’information sur une chaîne internationale, en passant par la présentation du 20 heures et l’animation d’émissions culturelles reconnues, il a su traverser plus de cinquante années de journalisme sans jamais disparaître du paysage médiatique.
Que l’on retienne l’épisode des gants de boxe, ses interviews pugnaces sur Paris Première ou son rôle actuel chez i24News, une chose demeure constante : Paul Amar incarne une certaine idée du journalisme exigeant, où la rigueur de l’information prime sur la facilité du spectacle. Sa longévité professionnelle reste aujourd’hui une référence pour comprendre l’évolution de la télévision française depuis les années 1970.
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